mercredi 18 mars 2009



DEMARCHE ARTISTIQUE

Nos sociétés occidentales refusent la mort, tout est fait pour oublier sa propre disparition. L’ensemble de mon travail artistique (dessins, aquarelles, animations, peintures, photographies…) peut renvoyer à la face cette réalité, tant rejeté.
« Car la mort, dans la société, il faut bien qu’elle soit quelque part. Si elle n’est plus ( ou est moins) dans le religieux, elle doit être ailleurs : peut-être dans cette image qui produit la mort en voulant conserver la vie. Contemporaine du recul des rites, la Photographie correspondrait peut-être à l’intrusion, dans notre société moderne, d’une mort asymbolique, hors religion, hors rituel, sorte de plongée brusque dans la mort littérale. La Vie/la Mort : le paradigme se réduit à un simple déclic, celui qui sépare la pose initiale du papier final. Avec la Photographie, nous entrons dans la Mort plate. »
Extrait de « La Chambre claire » de Roland Barthes.
Je m’intéresse à « la dernière seconde », celle que l’on vie une fois et qui est unique pour chacun. Mes créations sont mues par cette pensée. Il en découle une réflexion sur le temps et la mort. Mes réalisations, se font sur une très longue période, des années. Le temps est mon allier pour le dévoiler, que ce soit dans la série de photographies, « Les Souriés », ou dans a série de petites interviews (enregistrements sonores), « petite (H)istoire ordinaire ».
Aujourd’hui, nous disposons de beaucoup de nouveaux outils pour créer. Il existe des techniques pour montrer la décomposition du mouvement : la photographie, le cinéma et la vidéo. Dans « Butterfly » 2003-2006, je dessine des photogrammes de séquence de film pour réaliser des animations vidéos présenté sous la forme d’installation. La séquence dessinée détourne le sens initial de l’extrait du film. Je m’approprie ces séquences de cinéma, où l’on joue la mort. Chaque photogrammes est dessiné afin de constitué une nouvelle séquence. Le montage vidéo par la répétition dévoile un cycle de vie et de mort à l’infini. Je passe de la vie à la mort sans arrêter ce cycle. Cette mise en boucle engendre un rythme voulu et soutenu. Le spectateur découvre l’action de mourir et la réalité de cette action : la mort. Je décortique l’instant ou l’on meurt, ce basculement et je le montre. Séquences extraits de : « sans soleil » de Chris Marker, de « Rome ville ouverte » de Roberto Rosellini et de « A l’ouest rien de nouveau » de Lewis Milestone. Ces films ont un lien très fort avec l’Histoire, ici première et seconde guerre mondiale. Le rapport aux événements historiques est important dans ma démarche. L’Histoire débute par les informations que nous recevons quotidiennement de la télévision, sur internet ou dans les journaux. « petite (H)istoire ordinaire », (série de petites interviews), et « Lady’s », (peintures et dessins) sont inspirés d’événement vécu à travers la télévision et internet. Deux événements marquant pour les spectateurs : le 11 septembre 2001 et la mort de Lady Diana.
La télévision, les films montrent la mort au quotidien. Aujourd’hui, nous sommes informés en continue et en temps réel de ce qui ce passe dans le monde.
Le dessin s’inscrit comme un moteur privilégié de ma démarche artistique que ce soit dans les installations, la vidéo ou la peinture.
Je puisse mon inspiration également dans l’Histoire de l’art : la peinture orientaliste, (représentation de corps d’animaux en décomposition), de Delacroix et de Géricault : scènes historiques, scènes de batailles où les corps humains s’entremêlent avec les corps des chevaux. Ils sont figés dans le mouvement, toujours dans la vie mais dans ses dernières secondes. Géricault peint des faits divers « le radeau de la méduse ». Pour moi, c’est une formidable source d’inspiration.

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